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 Les écrits de Drakknar : Spéciale dédicasse à Abby

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Drakknar



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MessageSujet: Les écrits de Drakknar : Spéciale dédicasse à Abby   Mer 13 Jan 2010 - 17:06

Il s'agit d'une courte nouvelle que j'ai écrite, notamment que j'avais promis à Abby il y a bien 7-8 mois et donc que je lui dédis ^^ Le thème traité est extrêmement dur et tordu psychologiquement. Je vous prévient ça ne peut pas plaire a tout le monde et par moment ça peut être très dur à lire. Vous êtes prévenu.
Je l'ai postée dans la section divertissement qui correspond au thème, mais si vous préférez déplacer le sujet en interne aucun problème, bonne lecture.



Je t’aime mon amour



Prologue

Harold Randal était un pauvre gars. Toute sa vie il avait trimé, gamin il avait été élevé par son oncle et sa tante après que son père se soit suicidé en emportant au préalable sa mère dans la mort. Il avait sept ans quand ce malheur était arrivé et comme son père était un type organisé il avait troué le crane de sa femme devant son fils avant de s’exploser la caboche, le gamin avait été retrouvé par les voisins avec un morceau de cervelle de papa accroché dans ses cheveux frisés.
Donc, je disais que pour le coup c’était l’oncle et la tante d’Harold qui avaient récupéré le gamin malgré eux. Harold dormait dans la grange tandis que ses trois cousins avaient chacun une chambre. Son oncle buvait et le frappait, sa tante lui faisait faire toutes les taches ingrates de la ferme, et le jeu préféré de ses cousins était de faire des misères a Harold à la moindre opportunité. Evidemment quand on a vécu une enfance de merde comme celle d’Harold il en ressort un adulte plutôt instable, mais je parlerais de l’adulte un peu plus loin, il reste une chose importante à connaitre sur Harold l’enfant.
Il avait onze ans quand c’est arrivé, il rentrait de l’école à pied tout seul, ses cousins étaient dans une école privé. Un policier qui patrouillait en voiture l’interpella, il se faisait tard et il ordonna à Harold de monter à l’arrière, il allait le raccompagner. Avant de le poser chez son oncle et sa tante il l’emmena dans une cabane isolé et le viola. Ce manège dura presque deux ans, impossible de savoir combien de fois fut violé le jeune Harold, mais par chance pour lui le policier mourut d’une crise cardiaque, résultat d’une vie pleine d’alcool, de nourriture grasse et de cigarillos mexicains.
Quelques années plus tard son oncle et sa tante ne supportant plus sa présence l’envoyèrent en pension à la Nouvelle Orléans, il avait seize ans. Il fini ses études passablement puis trouva un job de manard dans une usine. Il ne revit jamais son oncle, sa tante et ses cousins et ma foi, on comprend bien pourquoi.
Il ne garda pas toujours le même travail, mais tous étaient aussi éreintants, ses collègues c’était bière, burger et sexe, les trois commandements du mâle de base. Contre toute attente Harold eu de la chance, cette chance dura treize ans, elle s’appelait Hope, marrant n’est-ce pas ? Il l’épousa et eu le temps de lui faire pondre un petit gars avant qu’elle subisse une vasectomie à cause d’un cancer de l’utérus, mais elle teint le coup. Grâce à un petit héritage que Hope avait obtenu ils investirent dans une petite ferme à l’extérieur de la ville, la vie semblait au beau fixe pour Harold, ses démons avaient commencé de le quitter et le petit Harold Junior était un rayon de soleil dans sa vie. Bref un vrai cliché de la parfaite petite famille américaine.
Mais Harold Randal ne serait pas Harold Randal s’il n’avait pas une vie de merde. L’ouragan Katrina lui enleva sa femme et son fils et ses démons revinrent plus puissant que jamais et ils ne devaient jamais le quitter jusqu’à sa mort. Dans les rues ravagées de la Nouvelle Orléans il tomba sur une gamine errante et traumatisée, il l’emmena chez lui pour s’occuper d’elle. Quand il l’eu lavé et habillée il la regarda droit dans les yeux et lui dit : « à partir de maintenant tu t’appelleras Hope. »


I – Une ombre au tableau

Calvin Frasier était un type stable, un gars à l’hygiène de vie impeccable et un excellent Lieutenant de police qui avait résolu de nombreuses enquêtes de disparition d’enfants. Spécialisé dans les kidnappings d’enfants il avait son bureau au commissariat central de la Nouvelle Orléans. L’année 2010 commençait bien pour lui, il avait ramené la veille un jeune garçon à ses parents, il avait frôlé la catastrophe, mais heureusement il avait réussi à descendre cet enfoiré de kidnappeur avant qu’il ne poignarde le gosse. Une seconde de plus et la saint sylvestre aurait été la pire date de l’année pour cette famille.
Assis derrière son bureau ce premier de l’an il finissait son rapport quand son regard s’attarda sur la photo d’une gamine glissée dans un petit cadre entre son vieil écran d’ordinateur et sa lampe de travail. Cette gamine c’était la seule ombre au tableau de toute sa carrière, portée disparu après le passage de Katrina, au début il avait pensé que la gamine était morte, surement emportée par les vents dans l’océan et c’est la vérité qu’il avait commencé par avancer à ses parents qui étaient venus le trouver ; mais voilà, après enquête il était quasiment sur qu’elle avait été enlevé. La portion de la ville ou elle se trouvait n’avait pas été assez durement frappé pour que son petit corps ait pu être porté jusqu’à l’océan. La seule possibilité était que quelqu’un était tombé sur la petite et l’avait emmené. Et malheureusement, aucun indice, pas la moindre piste, et la folie générale qui animait la ville après la catastrophe n’avait rendu l’investigation que plus dure encore. Cette photo était la punition qu’il s’infligeait pour avoir échoué, en vingt cinq ans de service un seul échec. Il détourna le regard de la photo pour se replonger dans son rapport. Il ne savait pas qu’à l’étage du dessous arrivait une personne qui allait changer les choses, il ne savait pas que cette affaire allait enfin trouver un dénouement.


II – Une lumière dans la nuit

René Giouna était un vieux black qui en avait vu beaucoup et même trop durant sa vie, ses parents avaient quittés Haïti pour la Nouvelle Orléans alors qu’il était encore accroché aux seins de sa mère, aujourd’hui il était dans sa quatre vingt treizième année de vie et il avait eu une vie bien remplie. Il venait de pénétrer dans le commissariat central, quelque chose le chagrinait, quelque chose qu’il avait vu ce matin à l’extérieur de la ville alors qu’il s’adonnait à sa petite ballade matinale dans le bayou. Le commissariat était vide à l’exception d’un jeune policier qui écoutait de la musique country et feuilletait un vieux playboy pour faire passer le temps. René s’approcha et l’interpella.
« Bonjour jeune homme. »
Le policier leva les yeux de son magazine pour regarder son interlocuteur.
« Bonjour monsieur, bonne année. Comment puis-je vous aider ?
« Merci, bonne année à vous aussi. »
René regarda le jeune policier en hésitant.
« Dites moi ce qui vous tracasse monsieur.
« Très bien. »
René rassembla ses souvenirs avant de prendre la parole.
« Voilà, je me baladais dans le bayou ce matin, et j’ai vu quelque chose d’étrange, quand je suis passé devant la ferme Randal, j’ai aperçu cette gamine qui regardait par une fenêtre, je ne l’avais jamais remarqué avant, pourtant je passe presque chaque jour devant cette ferme depuis sa construction il y a bien une petite vingtaine d’année.
« Qu’est-ce qui vous inquiète autant monsieur ? Les gens se rassemblent en famille pour les fêtes, surement une petite de la famille qui habite cette ferme.
« Ce serait étonnant jeune homme, Harold Randal est un solitaire, je l’ai à peine aperçu depuis presque cinq ans que l’ouragan a emporté sa femme et son fils, je crois même qu’il n’a aucune famille. Et j’ai pas du échanger plus de dix mots avec lui, ce gars a souffert dans sa vie c’est sur. Je ne le vois pas avoir de la famille, trop solitaire.
« Bon, voilà ce qu’on va faire, dès que des collègues auront un moment entre deux interventions je les enverrais sur place vérifier, ça vous rassure ?
« Oui, oui, merci, j’ai un mauvais pressentiment.
« Ne vous tracassez pas monsieur, c’est sans doute rien, profitez de votre journée, c’est pas tous les jours qu’on change d’année.
« On va tacher jeune homme, mais vous savez ces années vous appartiennent à vous, la jeunesse, moi j’ai donné… il y a longtemps. »
René sembla se perdre quelques secondes dans les limbes de sa mémoire, le regard perdu… il reporta son attention sur le policier.
« Bonne journée.
« Bonne journée monsieur. »
Tandis que René se dirigeait vers la sortie, Calvin arrivait au rez de chaussé pour poser son rapport dans le bureau du capitaine, il aperçu le vieux bonhomme sortir, après avoir posé son rapport il se dirigea vers l’accueil pour demander au bleu qui était ce gars.
« Un vieux radoteur je dirais lieutenant, il a été inquiété de voir une gamine à une fenêtre de la ferme Randal qu’il n’avait jamais vu avant, je lui ai dit que c’était surement de la famille qui était venu pour les fêtes.
« Vous avez sans doute raison, mais… »
Mu par un sentiment d’urgence Calvin se précipita à l’extérieur du commissariat, il interpella René pour savoir exactement ce qu’il avait vu, après que le vieillard lui eu répété ce qu’il venait de dire au jeune policier il l’invita à rentrer dans le commissariat, il voulait lui montrer une photo. Il fit asseoir René sur une chaise à l’entrée le temps de revenir avec la photo qui hantait son bureau, il la montra à René.
« Je ne sais pas, peut être, j’ai vu son visage de loin et seulement quelques secondes, mais peut être, enfin, elle semblait un peu plus âgé, oui c’est sur, elle lui ressemble, mais plus âgé. »
Le lieutenant tiqua sur le détail, il remercia René, il y avait urgence, si cette gamine était bien…


III – Ombre et Lumière

Harold Randal était assis à table, il attendait que Hope le serve, elle s’approcha de lui, l’embrassa tendrement sur la bouche et lui servi un peu de potage qu’elle avait fait cuire. Il commença de manger avec elle mais mu par une pulsion il l’attrapa par le bras et l’entraina sur le canapé non loin, il se déshabilla, elle fît de même, elle lui grimpa dessus et commença à s’ébattre contre lui avec sauvagerie, elle souriait, il lui souffla à l’oreille « Je t’aime », de sa petite voix flutée elle lui répondit « Je t’aime mon amour », Hope avait eu onze ans trois mois auparavant.
Quelqu’un frappa à la porte. Harold se retira et se jeta sur ses vêtements, il s’adressa à Hope.
« Vite ! Monte dans la chambre ma chérie ! »
En réponse elle lui caressa le pénis pour l’inciter à rester, il la repoussa.
« Pas maintenant Hope ! Monte s’il te plaît ! »
Elle se baissa pour ramasser ses vêtements en se penchant dans une position suggestive. Harold inquiet ne répondit pas à l’invitation, elle monta dans la chambre tout en le regardant en souriant et en se caressant le corps. Les coups redoublèrent contre la porte.
« Monsieur Randal, police ! Ouvrez s’il vous plaît, j’ai quelques questions à vous poser. »
Harold attendit que Hope soit en haut, elle connaissait la consigne, rester cachée. Il mit la sécurité sur la porte avant de l’entrouvrir.
« Je peux vous aider ?
« Lieutenant Calvin Frasier du commissariat central. Monsieur Randal, j’aurais quelques questions à vous poser, vous me laissez entrer ?
« Je peux voir votre plaque ? »
Le lieutenant de police glissa sa main dans sa poche pour en sortir sa plaque de police.
« Tenez voilà.
« C’est une vrai ? »
Harold était vraiment méfiant, et une pointe de paranoïa perçait dans sa voix. Calvin garda sa plaque sous le nez de son suspect et ne répondit pas à la question de Harold. Ce dernier fixa Calvin dans les yeux quelques secondes avant de reprendre la parole.
« Mouais, c’est bon entrez. »
Harold ferma la porte afin de retirer la sécurité puis il invita le lieutenant à entrer chez lui, il lui indiqua le canapé ou il avait commencé son affaire avec Hope quelques minutes auparavant. Calvin s’assit.
« Qu’est-ce que vous m’voulez ? Lieutenant.
« Je vais aller droit au but, on m’a raconté qu’une petite fille vivait ici, j’aurais aimé la voir. »
Harold commença à sentir la panique poindre mais réussi à garder son calme.
« Trop tard lieutenant, la fille de vieux amis, ils sont repartis pour Denver il y a une heure… Pourquoi vous vous intéressez à la petite ?
« J’ai une photo là, regardez et dites moi si c’est elle s’il vous plaît. »
Harold regarda la photo de Hope, il avait oublié à quel point elle était craquante quand il l’avait recueilli.
« Non, jamais vu, désolé.
« Et bien on dirait que je vous ai dérangé pour rien monsieur Randal.
« Je vous raccompagne…
« Pas la peine, merci, je connais la sortie. »
Calvin se dirigea vers la porte et parti avec un vague signe de la main comme au revoir, après qu’il eut fermé la porte, Harold se précipita à l’entrée remettre la sécurité puis s’approcha de la fenêtre pour regarder partir le lieutenant, cette histoire l’avait secoué, il sentait une sombre menace planer sur ses épaules, peut être que le rêve allait s’arrêter bientôt, et après tout ce qu’il avait perdu par le passé il ne laisserait personne lui enlever sa Hope.


IV – Dans le sang

De son côté le lieutenant savait. Ce Randal avait kidnappé la petite, il avait détecté plusieurs mensonges et surtout il avait repéré une table mise pour deux que Harold avait oublié dans la panique ; et son instinct ne l’avait jamais trompé, mais malheureusement il n’avait rien d’assez solide pour obtenir un mandat, il allait falloir transgresser quelques lois pour que justice soit faite. Quand il fut hors de vue de la ferme il s’arrêta, sa voiture était garée plus loin après le prochain angle que faisait le chemin. Tandis qu’il réfléchissait il fut violemment interrompu par une détonation, une violente douleur dans le dos et une chute en avant, il n’avait pas prévu ça, il perdit connaissance.
Quand il reprit conscience il était toujours étalé sur le chemin boueux avec une horrible douleur dans le dos. Il entendait quelqu’un arriver en courant derrière lui, son inconscience avait du durer cinq secondes au plus. Il devait fuir, il se laissa rouler sur le côté du chemin pour tomber dans un petit marais, cette région à l’extérieur de la ville était très marécageuse, on l’appelait les bayous de la Nouvelle Orléans. Il prit sa douleur à bras le corps pour commencer à nager au milieu de la vase, il ne devait surtout pas ressortir de l’eau, demeurer caché, son dos le lançait horriblement, mais il ne devait pas penser à ça, après un temps indéterminé il fut obligé de sortir la tête de l’eau, le souffle lui manquait trop, il s’essuya rapidement le visage et fut heureux de découvrir qu’il n’avait pas encore été trouvé, à une dizaine de mètre derrière une épaisse végétation qui dépassait du marais il entendait quelqu’un qui s’agitait dans l’eau, on le cherchait, il se laissa dériver silencieusement plus loin, mais la douleur était vraiment trop violente et il commençait à se sentir faible, il avait du perdre beaucoup de sang. Finalement il entendit un homme grogner et râler de mécontentement, la voix était sans nul doute celle de Harold Randal, comme il s’en doutait. Il lui fallait trouver une bonne cachette, un endroit ou se soigner, et après ce petit tour dans l’eau, son téléphone devait surement être hors service, impossible d’appeler des renforts, il était temps d’agir, il tâta sa ceinture, son arme était toujours là, il dégaina son revolver, s’aligna sur Randal qu’il voyait s’agiter au loin et tira trois coups. Un cri de douleur, une violente éclaboussure, touché ! Il se précipita aussi vite que son corps le permettait vers sa cible, en draguant le fond avec ses pieds il ne réussit pas à remettre la main sur le corps de Randal. Aucune importance, il se sentait de plus en plus mal, il devait rejoindre la ferme, seul endroit ou il pourrait se soigner dans les environs. Difficilement il se hissa hors de l’eau et commença à se trainer chancelant vers la ferme, la porte était déverrouillé, il entra, debout dans le hall une gamine le dévisageait, c’était elle, il resta silencieux quelques secondes, cinq ans de recherches et enfin il la retrouvait, il lui adressa la parole.
« Ne t’inquiète pas, je ne te veux aucun mal, je suis venu te sauver.
« Ou est harold ?
« Il est parti et il ne reviendra pas, tu n’as plus rien à craindre.
« Il m’a abandonné ? »
Calvin ne s’attendait pas à ça, la petite était attachée à son kidnappeur, de toute évidence l’absence de Harold Randal lui faisait mal.
« Tu dois m’aider, est-ce qu’il y a une pharmacie dans cette maison, je suis blessé. »
La petite le dévisagea quelques secondes puis s’engagea dans les escaliers, il la suivi difficilement jusque dans la salle de bain à l’étage, elle tendit le bras vers un placard mural.
« La haut.
« merci. »
Il y avait de quoi se désinfecter, des bandages, le minimum conventionnel, il se tourna vers la fillette.
« Attend moi dehors s’il te plaît. »
Elle sortit sans broncher en fermant la porte derrière elle. Il se mit torse nu, son t-shirt et son pull étaient plein de sang, il se rinça superficiellement à l’aide du pommeau de douche, se sécha avec des serviettes puis en se contorsionnant se passa une compresse imbibée de désinfectant sur sa plaie, il reteint un cri tant la douleur était intenable, après quoi il fit plusieurs tours de bandage autour de son corps, il avait été touché en bas du dos. Il sortit de la salle de bain.
« Ou es tu ? »
Aucune réponse. Un bruit venait d’une porte au bout du couloir, la petite était assise au bord d’un grand lit, et laissait ses pieds se balancer faisant légèrement grincer le sommier. Il s’assit à côté d’elle.
« Ne t’en fais pas, ça ira. »
Aucune réaction.
« Est-ce qu’il y a un téléphone ici ?
« Non. »
Le lieutenant commença a avoir le tournis, il ne tenait plus, l’adrénaline retombait et ses capacités physiques s’en ressentait, se sentant partir il se laissa tomber en arrière sur le lit.
« Je crois que je vais… »
Il avait perdu conscience.


V – Tout est gris

Calvin Frasier se sentait bien, une sensation de bien être lui parcourait l’échine. Il ouvrit les yeux, il était toujours allongé sur le lit, une tête était penchée sur son bas ventre, on lui faisait une fellation, il reconnut la petite. Dans un réflexe de dégout il se redressa et projeta la gamine à travers la pièce, elle tomba en arrière contre un mur de la chambre, elle était nue, ses vêtements trainaient par terre, il se leva pour remonter son pantalon, elle était assise à même le sol contre le mur ou elle avait été projetée et le regardait avec des yeux larmoyants elle lui dit tout doucement sur un ton de tristesse sincère « Je t’aime mon amour. » Calvin était dépassé par la situation, il n’avait jamais rencontré un tel cas en vingt cinq ans, il était totalement désarmé devant cette enfant, Harold Randal avait créé une anomalie, une erreur de la nature, il avait déformé la nature humaine, perverti l’innocence de l’enfant, cette petite agissait comme une femme dans un corps d’enfant, c’était inconcevable.
Au moment ou Calvin remontait sa braguette, une ombre apparu dans l’embrasure de la porte, Harold Randal n’était pas mort dans le bayou, il se tenait là debout, trempé, les vêtements ensanglantés, une main fermement appuyé sur le ventre. Quand son regard passa du flic la main sur la braguette à Hope assise nue sur le côté le peu de conscience qu’il lui restait s’évanouit, il se mit à hurler et se jeta sur le policier, ils tombèrent à la renverse sur le lit et Harold commença à massacrer le visage de Calvin avec ses poings, il était déchaîné comme une bête sauvage, totalement hors de contrôle. Calvin souffrait le martyre, il était totalement incapable de résister à cet assaut, il tentait vainement de se débattre, puis à la résistance suivi la résignation, il abandonna toute idée de s’en sortir, ses bras ballants tombèrent sur les côtés dans un geste d’abandon, il ne lui restait plus qu’à attendre que la mort le fauche. Sa main droite qui s’attendait à rencontrer le contact du tissu fut surprise par un contact différent, froid, métallique, il agit plus par instinct que par motivation. Une détonation, les coups s’interrompirent. Une détonation, Harold Randal se redressa surpris les bras écartés regardant son torse ensanglanté. Une détonation, son corps tomba du lit à la renverse.
Calvin avait le souffle coupé, il était épuisé, peut être même sur le point de mourir, il lâcha son arme, le barillet était vide, il avait tiré les six coups, le bruit de chute de l’arme sur le plancher fît sortir Harold de son inconscience. Son regard se posa sur Hope, la petite était terrorisée, prostrée nue contre le mur n’osant rien faire ou dire, Harold commença à se trainer comme un serpent agonisant vers elle, Calvin voulu se redresser pour l’en empêcher, mais la douleur était trop forte, il se sentait comme cloué sur ce matelas. Harold atteint la petite, il commença à lui caresser le visage de ses mains ensanglantées puis un soupçon d’humanité traversa son regard, il fixa l’enfant dans les yeux, il voulait lui dire quelque chose, il prit une profonde respiration qui lui arracha un râle de douleur « Pardon… Pardon… Abby…gayl. »
Tels furent les derniers mots de Harold Randal.


Epilogue

Abbygayl était devenue une femme, on était un 1er janvier bien des années plus tard. On ne pouvait pas dire qu’elle était belle ou laide, simplement une femme d’apparence plutôt ordinaire. Elle venait d’entrer dans un cimetière de la Nouvelle Orléans, elle remettait les pieds dans cette ville pour la première fois depuis que ses parents étaient venus la chercher après qu’on l’eu retrouvé. Ils avaient déménagé à South Hampton dans le New Jersey, comme ci les kilomètres qui les séparaient du lieu de l’infamie pouvaient aider à guérir ce genre de blessure.
Abbygayl regardait chaque tombe, elle finit par s’arrêter devant l’une d’elle après quinze minutes de recherches, il était écrit « Ici repose Hope et Harold Randal avec leur fils bien aimé Harold Junior. » Abbygayl fixait le prénom de Harold, une pointe de haine mélangée à de l’amour naquit en elle, elle se mit à parler seule dans le froid mordant du cimetière. D’une voix claire elle prit la parole. « Je te pardonne ! » Puis comme pour elle-même elle chuchota « Mais je n’oublie pas. »
Sans plus attendre elle se retourna prête à rebrousser chemin, son regard s’arrêta sur un vieillard en fauteuil roulant qui arrivait vers elle, il avait quelque chose de familier, arrivé à sa hauteur il regarda la tombe en silence quelques secondes puis tourna ses yeux vers Abbygayl. Calvin prit la parole.
« Abbygayl ? »
Surprise elle réagit sur la défensive.
« On se connaît ?
« A peine, je m’appelle Calvin, Calvin Frasier. Je t’ai rencontré quand tu étais encore une enfant, tu as sans doute oubliée. »
Sous le choc elle s’avança vers lui, se baissa à sa hauteur et l’étreignit dans ses bras, elle pleurait comme une petite fille sans défense. Devant tant de gratitude Calvin ne put retenir quelques larmes. Abbygayl se redressa.
« Appelez moi Abby, mes amis m’appellent Abby. »
Elle se glissa derrière le fauteuil roulant et commença à le pousser vers la sortie, Calvin se laissa mener sans broncher. Elle avait tellement de chose à lui raconter, à l’homme qui lui avait permis de renaître. Ils disparurent au coin de l’allée du cimetière laissant leur fardeau sur cette pierre froide et polie pour toujours.
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Abby

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MessageSujet: Re: Les écrits de Drakknar : Spéciale dédicasse à Abby   Jeu 14 Jan 2010 - 5:26

Génial, trop court!!!
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Antera



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MessageSujet: Re: Les écrits de Drakknar : Spéciale dédicasse à Abby   Jeu 14 Jan 2010 - 14:31

Ca se lit très bien, gg =)
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Kaa

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MessageSujet: Re: Les écrits de Drakknar : Spéciale dédicasse à Abby   Jeu 14 Jan 2010 - 16:43

Vraiment bien Drakk, bravo.

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MessageSujet: Re: Les écrits de Drakknar : Spéciale dédicasse à Abby   Jeu 14 Jan 2010 - 18:52

T'aurais pu l'appeller Abbygail ou Abbigaelle quand même xD
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Drakknar



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MessageSujet: Re: Les écrits de Drakknar : Spéciale dédicasse à Abby   Jeu 14 Jan 2010 - 20:03

C'est pas faux, mais a force de lire Abbygayl de partout j'en ai oublié l'orthographe plus connu, mais bon, un nom n'a pas d'orthographe ^^
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MessageSujet: Re: Les écrits de Drakknar : Spéciale dédicasse à Abby   Jeu 14 Jan 2010 - 21:22

Tiens moi au courant si tu veux des critiques, ici ou sur ts.
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MessageSujet: Re: Les écrits de Drakknar : Spéciale dédicasse à Abby   Jeu 14 Jan 2010 - 21:50

Ou tu veux.
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MessageSujet: Re: Les écrits de Drakknar : Spéciale dédicasse à Abby   Jeu 14 Jan 2010 - 22:30

abbygayl a écrit:
Tiens moi au courant si tu veux des critiques
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Drakknar



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MessageSujet: Re: Les écrits de Drakknar : Spéciale dédicasse à Abby   Ven 15 Jan 2010 - 7:36

La réponse est oui, c'était implicite, je veux des critiques !!!
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MessageSujet: Re: Les écrits de Drakknar : Spéciale dédicasse à Abby   Ven 15 Jan 2010 - 18:11

Ok mais on verra ca sur ts en fait, j'ai pas trop envie de discuter littérature ici.
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MessageSujet: Re: Les écrits de Drakknar : Spéciale dédicasse à Abby   

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